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Vivre mieux c’est parfaitement possible

Depuis plusieurs décennies, les retraités perdent du pouvoir d’achat. Ce n’est pas irrémédiable, malgré ce que l’on veut nous faire croire. Ce qui est anormal c’est de travailler pendant 40 – 43 ans et de renoncer à vivre correctement sa retraite et parfois même à retourner au travail.

Dès son élection, les retraités ont été les victimes les plus ciblées par le président Macron concernant la réduction du pouvoir d’achat, via la hausse de la CSG. Ce prélèvement a fait diminuer les pensions nettes de 1,83% en 2018, soit une baisse du pouvoir d’achat de 4% sur l’année en tenant compte de la hausse des prix. La revalorisation de 0,3% en 2019 et en 2020, entrainera un recul du pouvoir d’achat de 10% sur trois ans. C’est du jamais vu sous la Ve République.

Les hommes et les femmes qui ont fait valoir leurs droits à la retraite depuis le début de ce XXIème siècle ont souvent gagné leur vie en travaillant dans l’industrie et les services. Beaucoup ont été touchés par des fermetures de sites pour cause de délocalisation dans des pays à bas coûts de main-d’œuvre. Ainsi, en raison des droits de douanes réduits sur les importations, notre balance commerciale est devenue déficitaire. De plus, quand on était licencié, on subissait le chômage, on ne trouvait souvent que des postes moins payés et un travail moins valorisant qu’auparavant. Ces carrières en dents de scie, imputables aux stratégies boursières des grands groupes, ont aussi diminué les droits à pensions pour des millions de personnes.

À qui la faute ?

Macron veut nous convaincre que la France n’a pas les moyens de maintenir le niveau de vie des Français à cause de la dette, du déficit budgétaire annuel proche de 3% du Produit intérieur brut, du déficit du commerce extérieur qui tourne autour de 60 milliards d’euros par an. Mais à qui la faute ? À titre d’exemple, le travail cumulé des paysans et des salariés de l’industrie agroalimentaire dégage un solde commercial de 10 milliards d’euros par an. Presque tous ces travailleurs sont pourtant parmi les plus mal rémunérés au regard du travail fourni.

Notre pays disposait encore vers le milieu des années 1970 d’une industrie développée. Elle a été affaiblie par la recherche du taux de profit le plus élevé possible en transférant des productions dans les pays à bas salaires au détriment des intérêts fondamentaux du peuple et du pays. L’agriculture, sous l’emprise mondialisée de différentes réformes de la Politique agricole commune qui l’ont trop spécialisée, a trop peu rémunéré les paysans, contraints à une fuite en avant dans le productivisme et l’agrandissement des exploitations. Elle a perdu une bonne part de sa qualité et de sa diversité.

Il est temps de reconstruire

Parallèlement, les décideurs politiques ont laissé une totale liberté aux grandes firmes du bâtiment et des travaux publics pour « déménager » les activités économiques et l’habitat en fonction de leurs seuls intérêts, alors que ces mêmes décideurs ont pour mission d’aménagerle territoire. Les grandes agglomérations ne cessent de grossir et de concentrer les emplois disponibles tandis que bon nombre de ménages sont contraints de se loger en lointaine banlieue ou dans le rural profond faute d’avoir les moyens de louer ou d’acheter leur logement à proximité du travail.

Il faut désormais reconstruire ce qui a été détruit depuis une quarantaine d’années. De Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand, de Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, de François Hollande à Emmanuel Macron, chaque président de la République porte sa part dans ce bilan globalement négatif pour avoir délibérément confondu l’intérêt du pays avec celui des nantis. Hollande et Macron ont inventé ensemble le CICE qui verse une partie des impôts et taxes que nous payons à LVMH, BNP Paribas, Leclerc, Carrefour et Auchan, pour réduire les « charges » sur les salaires.

Les Français méritent mieux que cela et la France a les moyens de faire mieux. Mais le contexte européen et mondial ne facilite pas les choses. Les Britanniques apprennent à leurs dépens qu’il est plus difficile de sortir de l’Union européenne que d’y entrer. Le peuple grec et ses dirigeants, lestés d’une lourde dette creusée avant même l’entrée du pays dans la zone euro, sont pris dans la seringue de l’austérité budgétaire et du recul du niveau de vie imposés par la Commission de Bruxelles, le FMI et la Banque centrale européenne. Au point que les pensions de retraite ont reculé de 40% en dix ans.

Et valoriser le « made in France »

Sommes-nous alors condamnés à toujours plus de misère et d’austérité? Non.Car ce cercle vicieux fait croître la misère et le nombre de pauvres. Mais trouver la voie la plus praticable pour sortir de cette impasse s’avère compliqué. Réindustrialiser le pays est une nécessité après quatre décennies de casse industrielle. Réinventer une agriculture de proximité pour assurer notre souveraineté alimentaire et la qualité de nos aliments est indispensable. Cela renvoie aussi à nos comportements de consommateurs à travers nos achats quotidiens. Qu’il s’agisse du contenu de notre assiette, de l’achat de notre voiture, de nos vêtements, donner la priorité au « made in France » fera aussi partie de la solution pour mieux vivre dans notre vieux pays.

Gérard Le Puill

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