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Boris Vian, l'explosion du talent

Véronique Gain et Serge Minetto ont fait redécouvrir les chansons de Boris Vian dans une belle tournée, en passant par Ciez, petit village de Bourgogne où tous les ans la chanson française est à l'honneur. Raison de plus pour découvrir ou retrouver un artiste hors du commun.

Boris Vian est décédé à 39 ans, en 1959, la même année que Gérard Philipe. Il a laissé une œuvre impressionnante tant par sa quantité, sa diversité et son adéquation à une époque où la France était engagée dans une salle guerre dont les blessures ne sont toujours pas refermées aujourd'hui. Après une enfance fragile et surprotégée, il ne s'est pas ménagé en menant tambour battant une carrière de trompettiste de jazz, d'écrivain et de chanteur.

La guerre aux trousses

Jacques Prévert l'avait repéré. On n'oublie pas le rôle qu'il a joué quand il a empêché Boris Vian de donner une fin très risquée à sa chanson, Le Déserteur, qui fut chantée par Serge Reggiani et Mouloudji (avec les deux versions). Boris Vian eut à se battre contre la censure comme bien d'autres. Mais elle provoqua l'effet contraire à celui recherché par les va-t-en guerre de l'époque. Un énorme succès qui aujourd’hui sonne encore juste dans un contexte où les conflits armés se multiplient.

La créativité de Boris Vian s'épanouit dans le mariage du rythme endiablé qui sent la libération de Paris encore toute fraîche dans les mémoires et de la soif de liberté qui se cogne aux profondeurs d'une souffrance où se mêlent la maladie de son corps et la maladie d'une société injuste qui n'en a pas fini de faire couler « le sang des innocents ».

L'artiste est aussi un grand humoriste et ne mégote pas avec le rire, dans Cinématographe, Arthur où t'as mis le corps, Fais-moi mal Johnny, Une bonne paire de claques, Les joyeux bouchers, Je bois, Quand j'aurais du vent, La complainte du progrès, Le petit commerce et On n'est pas là pour se faire engueuler. Il s'attaque aussi au rock dont il se moque avec élégance.

Une vis sans fin de créations

De quoi pleurer de rire, certes, mais aussi sentir ce bouquet de poésie qu'il nous offre et qui n'est toujours pas fané. On retrouve tout cela dans le coffret de 6 disques regroupant ses chansons interprétées par les voix de Juliette Gréco, Catherine Sauvage, Henri Salvador, Mouloudji, Reggiani et bien d'autres (Boris Vian et ses interprètes). Il écrivit une dizaine de romans, des pièces de théâtre, des partitions de jazz, des essais, des opéras et aussi des traductions de romans noirs américains (Les femmes s'en balancent, de Peter Chesnay...).

Véronique Gain et Serge Minetto ont relevé un sacré défi en remettant au goût du jour un monstre sacré que l'on entend d'ailleurs que trop rarement sur les ondes. Et c'est une réussite, parce qu'une fois passé le spectacle, on court acheter l'Écume des jours ou l'Arrache-cœur.

Yvon Huet

Le déserteur de et par Boris Vian


Juliette Gréco chante Musique mécanique (1957), Paroles de Boris Vian et musique d'André Popp

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